L’Église du Pacifique : engagement pour la prévention des abus sexuels

Je suis arrivée sur la terre du Pacifique le dimanche 2 juin 2019 et j’ai trouvé une terre riche, verdoyante, de montagnes, de collines et de plaines. Elle est composée des îles et des îlots baignés par l’océan Pacifique et habités par des poissons, des tortues, des fruits de mer et des êtres vivants (corail) de plusieurs formes et couleurs. Les personnes sont chaleureuses, accueillantes et bienveillantes. Les communautés chrétiennes sont vivantes, engagées et dévouées avec leurs pasteurs.

Les évêques de la Conférence Épiscopale du Pacifique (CEPAC Francophone), dans leur prise de position par rapport à la réalité de l’abus de pouvoir, l’abus de confiance et l’abus sexuel sur des mineurs/es et sur des personnes vulnérables commis par des prêtres, des consacrés/es ou des personnes engagées dans l’Église, ont demandé de l’aide au « Centre for Child Protection (CCP) ». Comme collaboratrice du CCP, j’ai répondu à cette invitation pour apporter notre modeste contribution et travailler ensemble, surtout sur la dimension préventive. La sensibilisation des chrétiens/chrétiennes concernant les abus sexuels, les abus de pouvoir, les abus de confiance et les abus de conscience commis par des responsables de l’Église sur des mineurs/es et sur des personnes vulnérables est faite au sein de l’Église catholique en Nouvelle Calédonie et dans le Pacifique. Il y a une Commission de Recours dans l’archidiocèse depuis 2013, des directives proposées pour traiter les cas d’abus sexuels par le CEPAC et des bulletins mensuels chrétiens qu’en parlent comme par exemple : « Église en Nouvelle Calédonie ». Ces sont tous des moyens pour soutenir cette sensibilisation.

Les différentes rencontres que j’ai eu avec les personnes de référence, les petits ou les grands groupes, sont en vue de continuer cette sensibilisation, écouter, échanger, proposer des thématiques pour réfléchir et comprendre la réalité du Pacifique. Les différents groupes rencontrés sont : -En Nouvelle Calédonie ;

a) au Nord à Koné et des îles voisines : un groupe mixte de catéchistes, des familles, des membres du groupe de prière, des professionnelles de la santé, des enseignants, des consacrées, des jeunes…
b) A Nouméa : les membres de la commission de recours, des directeurs, des directrices des écoles catholiques et des responsables de la direction de l’éducation catholique, des jeunes réunis pour le pèlerinage avec leurs accompagnateurs/trices et les organisateurs/trices, des personnes de la pastorale de la santé, des consacrés/es, des catéchistes et des couples de la pastorale de la famille.
-Sur l’Archipel du Vanuatu à Port-Vila dans un autre diocèse : un groupe composé par l’évêque, des prêtres, des consacrés/es, des responsables de la direction de l’éducation catholique et leurs relais administratifs sur d’autres îles ou îlots, des familles, des catéchistes, des personnes engagées dans diverses activités de l’Église ou d’autres personnes qui le désiraient. Les rencontres continueront avec d’autres groupes dans Nouméa en Nouvelle Calédonie et sur d’autres îles-diocèses du Pacifique.

Lors de ces rencontres, toutes ces personnes chrétiennes répondent nombreuses, son attentives et participent activement. Je fais l’expérience de ce que le Pape François exprime dans sa Lettre au Peuple de Dieu « quand un membre souffre, tous les membres souffrent ». Je note que les personnes accueillent avec gratitude ces rencontres comme une opportunité, une ouverture que le Pape François a favorisée en exhortant à compatir avec la souffrance des victimes et de leurs familles et à faire la vérité qui libère (cf. Jn 8,32). Les personnes accueillent cette opportunité pour exprimer leur indignation, leur déception de savoir qu’au sein de l’Église il y a eu des abus sur des mineurs/es commis par des personnes responsables. Elles condamnent ses actes et se disposent à faire en sorte qu’ils ne se reproduisent plus. Elles manifestent leur soutien et reconnaissance au Pape François pour son courage, à leurs évêques pour cette initiative et au CCP pour son travail.

Je vis une expérience riche à travers ces rencontres-formation, ces moments d’expression, d’échange, de réflexions qui continueront avec des actions et d’autres formations continues pour la prévention sur les paroisses, les écoles et dans les familles.